Les grandes agglomérations attirent naturellement les livreurs: plus de restaurants, plus de commandes et davantage de créneaux actifs. Pourtant, un volume élevé ne garantit pas un revenu net supérieur. En ville dense, la rentabilité dépend d'un arbitrage permanent entre demande, circulation, attente et coûts d'exploitation. Cette page aide à lire ce contexte avec une logique de terrain, pour transformer le potentiel urbain en résultat réellement stable.
L'erreur la plus fréquente consiste à confondre intensité d'activité et efficacité économique. Un quartier peut "sonner" en continu et rester peu rentable si les trajets, les attentes ou les retours à vide mangent le temps utile. À l'inverse, une zone légèrement moins dense peut produire un meilleur net horaire grâce à des enchaînements plus fluides. Le bon raisonnement n'est donc pas "où il y a le plus de commandes", mais "où mon heure de travail rapporte le plus en net".
Lecture de la ville en micro-zones
Une grande ville ne se pilote pas comme un bloc unique. Il faut la découper en micro-zones de travail: centre historique, quartiers résidentiels, pôles étudiants, zones de bureaux, secteurs périphériques. Chacune possède sa logique de demande, son niveau de concurrence et ses contraintes de circulation. Le même créneau horaire peut être excellent dans une zone et moyen dans une autre.
Pour chaque micro-zone, suivez trois mesures: net horaire, kilomètres non productifs et temps d'attente moyen avant prise de commande. Ce trio donne une photographie claire de la rentabilité. Il évite de juger une zone sur le seul brut encaissé.
Exemple concret unique: comparaison de trois secteurs urbains
Cas indicatif sur un mois, même amplitude de travail (112 heures). Secteur A (centre hyper dense): brut 3 620 €, charges 796 €, frais 410 €, net 2 414 €, soit 21,55 €/h sur le papier, mais avec une forte variabilité hebdomadaire. Secteur B (quartiers mixtes): brut 3 280 €, charges 722 €, frais 320 €, net 2 238 €, soit 19,98 €/h avec une stabilité supérieure. Secteur C (périphérie): brut 2 890 €, charges 636 €, frais 295 €, net 1 959 €, soit 17,49 €/h.
Cet exemple montre que la zone A domine en brut et en net moyen, mais peut devenir instable quand la congestion augmente. La zone B, légèrement inférieure en volume, peut offrir une meilleure prévisibilité sur plusieurs semaines. Selon votre objectif (maximiser le net ou stabiliser le revenu), la meilleure décision peut différer.
Effet trafic et concurrence sur le net horaire
En grande ville, deux facteurs dégradent souvent la performance: les ralentissements et la surconcentration de livreurs sur les mêmes zones. Le trafic rallonge les temps de parcours et réduit le nombre de livraisons finalisées par heure. La concurrence augmente les périodes d'attente sans rémunération. Ces deux effets peuvent annuler l'avantage d'une forte demande.
Le meilleur moyen de s'en protéger est de travailler avec des fenêtres horaires ciblées et des zones de repli. Quand une zone devient trop saturée, basculer rapidement vers une zone secondaire peut préserver le net horaire. Cette flexibilité logistique fait souvent la différence entre un mois "chargé" et un mois réellement rentable.
Choisir le bon véhicule selon la zone
Le véhicule optimal dépend du tissu urbain. Dans les quartiers compacts avec stationnement contraint, le vélo ou le VAE peut améliorer la fluidité et réduire les coûts. Dans des secteurs étendus, le scooter peut offrir une meilleure continuité de service, à condition de maîtriser les frais carburant et entretien. En ville dense, ce choix doit être évalué zone par zone, pas de façon globale.
Une approche robuste consiste à tester un véhicule principal et à suivre la performance sur un mois complet. Si le net horaire baisse malgré un bon brut, le problème vient souvent d'une inadéquation entre véhicule, distance moyenne et contraintes locales.
Méthode hebdomadaire pour piloter une grande ville
- segmenter votre activité par micro-zone plutôt que par ville entière;
- relever net horaire, attente moyenne et kilomètres à vide chaque semaine;
- conserver deux zones principales et une zone de secours;
- réallouer les heures vers les secteurs les plus réguliers;
- réviser vos coûts réels mensuels avant d'augmenter le volume.
Cette routine rend votre revenu moins dépendant d'un seul secteur. Elle vous donne aussi un cadre de décision clair quand les conditions changent (travaux, météo, saison, évolution de la demande).
FAQ
Une grande ville garantit-elle un meilleur revenu net ?
Non. Le volume de commandes peut être élevé, mais la congestion, l'attente et la concurrence peuvent réduire la rentabilité réelle.
Quel indicateur suivre pour comparer deux quartiers ?
Le net horaire par zone est l'indicateur le plus fiable, complété par les kilomètres à vide et le temps d'attente moyen.
Pourquoi certaines zones denses sont moins rentables ?
Une forte densité peut entraîner des trajets courts mais des attentes longues, ce qui dégrade le rendement horaire.
Le choix du véhicule a-t-il plus d'impact en grande ville ?
Oui. Les contraintes de circulation, de stationnement et de distance rendent l'adéquation véhicule/zone encore plus déterminante.
Comment améliorer rapidement sa rentabilité urbaine ?
En cartographiant ses résultats par micro-zone sur plusieurs semaines et en supprimant les trajets qui génèrent trop de temps non productif.